Théâtres Parisiens

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Alhambra

DirectionJean-Claude Auclair
JaugeGrande salle 600 Petite salle 100
Adresse21 rue Yves Toudic
Emaildirection@alhambra-paris.com
Sitewww.alhambra-paris.com/
Téléphone01 40 20 42 00
Télécopie01 42 20 40 26

Alhambra

Inaugurée le 11 août 1866, la salle abrite d'abord le Cirque-Impérial, ex-Cirque-Olympique dont l'ancienne salle avait été détruite - comme nombre de théâtres du « boulevard du Crime » par le baron Haussmann en 1862 lors de la création de la place du Château-d'Eau, aujourd'hui place de la République. Ses 5 000 places en font le plus grand cirque d'Europe. Dirigé par Bastien Franconi, descendant d'une longue lignée d'artistes de foire créateurs du Cirque-Olympique, on y présente des spectacles équestres et patriotiques. Mais leur mode étant passée, la faillite survint dès l'année suivante. Après une première tentative infructueuse de reprise par Hippolyte Hostein, ancien directeur du Châtelet, sous le nom de théâtre du Prince Impérial, la salle tombe entre les mains d'Hippolyte Cogniard, directeur des Variétés, qui l'acquiert en 1869 pour le compte de son fils Léon.

Rebaptisée théâtre du Château-d'Eau, il en prend la direction à la mort prématurée de Léon en mars 1870. Il y présente de nombreux drames, fééries et revues jusqu'en 1875 où il passe la main à Eugène Dejean. Ce dernier ne possédant pas le talent de son prédécesseur, la faillite est prononcée en 1876. L'auteur dramatique Jules Dornay s'y essaie à son tour aussitôt remplacé par une société créée par ses propres comédiens et dirigée par Ulysse Bessac. Le drame y est rejoint par l'opéra-comique à partir de 1879 puis par l'opéra *en 1881. Mais les subventions manquent et le théâtre est repris par **Georges de Lagrenée en 1883.

Désormais Opéra-Populaire, on y représente un répertoire lyrique traditionnel qui ne parvient pas à attirer les foules. Après une série de directions éphémères, les "Artistes associés" de Bessac font leur retour en 1886 et y imposent avec un relatif succès le mélodrame. C'est sous le nom de théâtre de la République (la place ayant été, elle, renommée en 1879) que s'ouvre la saison 1893-94.

Successivement Opéra-Populaire et théâtre du Château-d'Eau à nouveau en 1900, Victor Silvestre, ex directeur des Folies-Dramatiques y programme des opérettes et des opéras, tout en dirigeant également les Bouffes-Parisiens. Il dépose le bilan en 1903.

En février 1904, une société constituée par l'homme d'affaires Thomas Barrasfords, l’Alhambra Limited, prend possession des lieux, misant sur la nouvelle vogue du music-hall venue d'Amérique. L’Alhambra devient immédiatement le lieu à la mode, devançant ses illustres aînés : l’Alcazar, l’Eldorado ou la Scala.

Le 21 avril 1925 à quatre heures du matin, la salle est entièrement détruite par un incendie pour être reconstruite avec encore plus de luxe sur les plans de l'architecte G. Guimpel. La société d'exploitation, dirigée désormais par MM. Black et Gulliver, ayant acquis le terrain (l’antique 18e lot du Cirque-Impérial de 1866) ainsi que les bâtiments sauvés de l’incendie, le nouvel Alhambra bénéficie d'une architecture pleine d’audace pour l’époque : 2 800 places de face avec deux balcons suspendus et soutenus par des arches accrochés au toit, une scène de 400 m2, une salle de projection, ventilation, chauffage, ascenseur, etc. Décoré dans le style « Art nouveau » par Pellegry et Lavignac, éclairé par le maître-verrier Gaétan Jeannin, ses stucs nappés à la feuille d’or impressionnent le public qui le baptisera le « temple doré » (ou « théâtre en or »).

En 1935, Kurt Robitchek, un cabaretier berlinois, créateur du fameux KDK (Kabaret der Komedians) et qui fuit le nazisme, s'allie à Yves Bizos, ancien directeur de Bobino reprend la direction et présente la toute jeune Mireille ou Marianne Oswald que Jean Cocteau appelait la « torche du chant ».

En mai 1936, les grandes grèves n'épargnent pas l’Alhambra. Afin d'apaiser la CGT, Jean Zay, ministre de la Culture du Front populaire, et Cassou, directeur de la toute jeune Maison de la Culture, confient la direction à Louis Aragon et Jean-Paul Le Chanois, membres éminents du parti communiste français. Rebaptisé « théâtre du peuple et de la République », il devient le fief de l’idéologie théâtrale socialiste et universelle.

Robitchek reprend les rênes le 4 septembre 1936, propulse sur scène pour la première fois la môme Piaf, qui n'a que 19 ans. Jane Breteau est nommée directrice de l'Alhambra en 1951, elle reprend le bail de la société Bertice d’Albert Beauvais.

En 1954, elle rachète les murs à la Rank Organization, société anglaise exploitant près de six cents salles et productrice de films et de spectacles dans le monde. Sa détermination et son savoir-faire redonnent à l’Alhambra ses lettres de noblesse en en faisant un cinéma-music-hall populaire et bon marché, proposant trois heures de spectacle ininterrompu. Jane Breteau décide de monter une nouvelle revue en l'honneur de l'une des plus grandes vedettes du music-hall à la rentrée de la saison 1956-1957. Elle rebaptise également sa salle Alhambra-Maurice Chevalier.

L'Alhambra devient avec Bobino et l’Olympia l’un des trois piliers incontournables du music-hall parisien. Mais la qualité des productions ne peut équilibrer la fiscalité importante imposée aux lieux de spectacle. De plus, la percée de la télévision dans les foyers, la multiplication des microsillons et les départs en week-end se conjuguent pour vider les salles. C’est avec une féerie sur glace, Blanche-Neige et les Sept Nains d'après le film de Walt Disney, que l’Alhambra ferme définitivement ses portes en mai 1967, à la mort soudaine de sa directrice.

En 1968, Maurice Chevalier lors de son dernier récital au théâtre des Champs-Élysées entonne un Au revoir l’Alhambra. L’Alhambra, sans doute la plus belle salle de Paris, vient grossir la liste des lieux mythiques qui disparaissent à la même époque: l’ABC, l’Ambigu, l'Apollo, le concert Pacra, l’Étoile, l'Empire, le Petit Casino, l’Européen, le Casino de Paris, Bobino et Les Trois Baudets, ces quatre derniers - il est vrai - aujourd'hui ressuscités.

En 2005 lorsque Jean-Claude Auclair, Producteur de Spectacles, le découvrit par hasard, il tomba amoureux de ce lieu au charme désuet et le racheta. Mais les normes de sécurité ne sont plus les mêmes qu’il y a 70 ans. De surcroît, le théâtre jamais exploité, inconnu au cadastre et à la Mairie, n’est pas classé. Il était difficile sans isolation acoustique de conserver en état ce joyau de l’architecture théâtrale.

Après un an d’études, deux ans de travaux et un investissement de 3 millions d’euros, Jean-Claude Auclair conseillé par David Hamelin Maitre d’Ouvrage Délégué, a reconstruit avec l’Architecte Pascal Lépissier.

Inaugurée en avril 2008 après deux ans de travaux cosmétiques et acoustiques, l’Alhambra est dotée d’une capacité d’accueil de 600 à 800 places assises et debout

Il ne lui manquait plus qu’un nom, et en voilà un tout trouvé : ALHAMBRA.