Théâtres Parisiens

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Bobino

DirectionJean-Marc Dumontet, Alexis Trias
Jauge850
Adresse14-20 rue de la Gaité
Emailadministration@bobino.fr
Sitebobino.fr/
Téléphone01 43 27 47 79
Télécopie

Bobino

Le théâtre Bobino tient son nom d’un célèbre clown italien qui animait le Jardin du Luxembourg dans les années 1810.

En 1873, l’entrepreneur Fernand Strauss reprend le nom de Bobino qui avait encore une grande notoriété, pour le modeste café-concert de 200 places qu'il ouvre le 24 décembre au 20, de la rue de la Gaîté, sous l'enseigne de théâtre des Folies-Bobino. On peut y voir des numéros divers, mais aussi des courtes pièces, comme Bobino vit encore ! en 1880, qui était une adaptation d'un des succès du théâtre du Luxembourg.

Dans les années 1880, la salle connaît des obstacles administratifs, n'étant pas reconnue comme un réel théâtre. Ainsi, en 1887, la préfecture de police ordonne de démonter la scène et de ne garder qu'une estrade et un « décor unique et fixe adhérant au mur ».

Le 17 janvier 1901, les Folies Bobino deviennent Bobino, quand la société des cinémas Pathé s'en porte acquéreur. L'imprésario Montpreux prend la direction de la salle en 1912 et oriente résolument la programmation vers la chanson et le music-hall.

Entre 1909 et 1912, lors de son exil en France, Lénine assista à plusieurs concerts et rencontra fréquemment le chansonnier français Montéhus à Bobino. La salle s'agrandit en 1918, mais ce n'est qu'après les travaux engagés par directeur Paul Fournel en 1927 que Bobino devient une vraie belle salle de spectacles, un théâtre à l'italienne pouvant accueillir jusqu'à un millier de personnes (une jauge inférieure à celle de l'Olympia, faisant de ce théâtre un lieu jugé plus intime par de nombreux artistes).

Dans les années 1930, Bobino devient la principale salle de la rive gauche consacrée à la chanson. Félix Vitry et Bruno Coquatrix s'associent en 1958 pour racheter Bobino à la famille Castille, qui en est propriétaire depuis les années 1930 et souhaite se recentrer sur l'Européen, une autre salle en sa possession. Les deux directeurs décident de programmer des humoristes comme Raymond Devos et Fernand Raynaud mais aussi des artistes qui ne sont pas encore des vedettes.

En 1960, Bruno Coquatrix, ne pouvant mener de front la gestion de deux salles, se retire pour se consacrer uniquement à l'Olympia. Félix Vitry transforme la salle et la rend plus confortable. Mais après avoir été un haut lieu du monde de la chanson pendant un demi-siècle, la salle finit par fermer en 1984 du fait de ses difficultés financières.

Bobino n'a pas eu la chance d'être classé au patrimoine culturel comme l'a été l'Olympia (en 1993), et l'immeuble est racheté et rasé par les promoteurs en 1985, pour y installer un ensemble immobilier comprenant un hôtel de luxe et une salle faisant office de discothèque à partir de 1987. Nommée le Wiz, celle-ci sert aussi de lieu de tournage pour l’émission d'Antenne 2 Wiz qui peut.

En 1991, le lieu accueille de nouveau des spectacles sous le nom de Studio Bobino, sans vraiment renouer avec sa tradition musicale. Il se divise en différents espaces dédiés au théâtre, au spectacle, à l'enregistrement d'émissions télévisées (Les Grosses Têtes notamment). Philippe Bouvard en est le directeur et propriétaire jusqu'en 2006. Patrick Garachon fut directeur artistique de 1995 à 1998 et programma plusieurs spectacles qui tinrent l'affiche plusieurs mois, avec notamment une rétrospective de l'histoire du music-hall, Il était une fois Bobino.

En 2006, Gérard Louvin succède à Philippe Bouvard et rebaptise la salle du nom de Bobin’o, pour y proposer des dîners-spectacles. Le cabaret-restaurant ferme ses portes en avril 2009, faute de succès. Pendant l’été 2010, Bobino ferme ses portes quelques mois pour d’importants travaux de réaménagement entrepris par son nouveau directeur Jean-Marc Dumontet. Celui-ci donne à Bobino un vrai nouveau départ. Renommé cette fois Bobino, la salle de spectacles peut accueillir près de 850 spectateurs dans de confortables fauteuils de velours rouge.