Théâtres Parisiens

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Centquatre-Paris

DirectionJosé-Manuel Gonçalvès
Jauge
Adresse104 rue d’Aubervilliers, 5 rue Curial
Emailcontact@104.fr
Sitewww.104.fr/
Téléphone01 53 35 50 01
Télécopie

Vue depuis la rue d'Aubervilliers.

Centquatre-Paris

En 1870, l'archevêché de Paris, responsable des inhumations pour la ville, installe un service de pompes funèbres sur le lieu-dit des Petits Noyers. Il va alors commander la construction d'un nouveau bâtiment sur ce site, une parcelle de 26 000 m2, le long des voies ferrées de la gare de Paris-Est, entre la rue des Vertus (actuelle rue d'Aubervilliers) et la rue Curial à la place des abattoirs de Villette-Popincourt.

En 1874, après deux ans de travaux, le nouveau bâtiment des pompes funèbres de Paris est inauguré au 104 de l’ancienne rue des Vertus (actuelle rue d'Aubervilliers). Il est l'œuvre des architectes Édouard Delebarre Debay et Godon, sous la houlette de Victor Baltard, architecte de la ville de Paris. Ils ont conçu un bâtiment dans le style de l’architecture industrielle de l'époque (celle des grandes gares et des halls d'exposition universelle), utilisant largement le verre et la brique et des structures de fonte et de fer. Le bâtiment qui a une superficie équivalente à celle de la place de la République est composé de deux grandes halles dotées de verrières, de quais de déchargement, de cours anglaises, d'écuries et de caves sur plus de 270 mètres de long.

En 1905, après la séparation des Églises et de l'État, les Pompes funèbres deviennent municipales.

Après la Seconde Guerre mondiale, les pompes funèbres se motorisent, la halle Curial devenant un immense garage accueillant 150 fourgonnettes et 92 berlines, toutes des corbillards, avec ses ateliers et mécaniciens. Le bâtiment n'avait pas de morgue et ne servait pas à l'accueil des corps des défunts à l'exception des périodes de guerre. En effet, pendant la Seconde Guerre mondiale, la guerre d'Indochine et la guerre d'Algérie, à la demande des pouvoirs publics, le bâtiment accueillit les corps rapatriés pour être présentés aux familles.

Vue depuis la rue Curial.

Centquatre-Paris

Après la fin du monopole municipal en 1993, l'activité a décliné pour disparaître en 1997.

Le bâtiment (les façades et toitures sur rues des bâtiments donnant sur les rues d'Aubervilliers et Curial ; les halles avec leurs cours en totalité) est inscrit au titre des monuments historiques par arrêté du 21 janvier 1997. Le lieu possède une forte charge symbolique. Sa théâtralité se traduit par une alternance de petites cours et de longues halles suivant un axe visuel qui traversait autrefois la parcelle d’une extrémité à l’autre. Le caractère fermé des façades sur les rues Curial et d’Aubervilliers renforce la sensation, une fois à l’intérieur du lieu, d’un dehors qui s’efface.

Le maire de Paris, Bertrand Delanoë, a décidé de protéger et de réhabiliter l’ensemble architectural du 104, rue d’Aubervilliers en l’inscrivant dans une démarche de renouvellement urbain sans en occulter la dimension mémorielle : tout en leur laissant carte blanche, la municipalité a demandé à deux historiens de la Sorbonne d'écrire une histoire du site.

En 2003, après avoir lancé une procédure de marchés de définition simultanés mettant en concurrence trois agences d’architecture, la Ville de Paris a confié la maîtrise d’œuvre des travaux de réhabilitation à l’Atelier novembre, dont la proposition a été jugée comme respectant le mieux l’authenticité du site. Le projet est défendu par Christophe Girard, adjoint au maire de Paris chargé de la culture.

De cette procédure est né le Centquatre-Paris, établissement public de coopération culturelle parisien, ouvert depuis le 11 octobre 2008 sur ce site.

A son lancement, la faible fréquentation, ainsi que l'importance des subventions de la Ville de Paris, suscitera différentes polémiques dans la presse.

Depuis le changement de direction en 2010 et l'arrivée de José-Manuel Gonçalves, la fréquentation du site a considérablement augmenté et il est devenu un lieu important de la culture dans le nord de Paris.