Théâtres Parisiens

Retour à la liste des théâtres

Comédie Française — Salle Richelieu

DirectionKim Pham, Eric Ruf
Jauge862
AdressePlace Colette
Emailinformations@comedie-francaise.org
Sitewww.comedie-francaise.fr
Téléphone01 44 58 15 15
Télécopie01 44 58 15 50

La Comédie-Française est fondée par ordonnance royale de Louis XIV le 21 octobre 1680 pour fusionner les deux seules troupes parisiennes de l'époque, la troupe de l'hôtel Guénégaud et celle de l'hôtel de Bourgogne. Le 25 août, les comédiens s'étaient déjà réunis pour donner leur première représentation commune, composée de Phèdre (Racine) et des Carrosses d'Orléans (La Chapelle). L'acte royal leur accorde le monopole de jouer à Paris, que les Comédiens-Français défendront jalousement au cours du xviiie siècle, notamment contre les Comédiens-Italiens.

Le 5 janvier 1681, les Comédiens-Français se lient entre eux par un acte d'association qui règle notamment le régime des pensions des comédiens retraités. Le répertoire se compose alors de l'ensemble des pièces de théâtre de Molière et de Jean Racine, ainsi que de quelques pièces de Pierre Corneille, Paul Scarron et Jean Rotrou. Les distributions sont arrêtées par l'auteur, s'il est vivant, sinon par les premiers gentilshommes de la Chambre du roi.

Le 3 septembre 1793, pendant la Révolution, la Comédie-Française est fermée par ordre du Comité de salut public, et les comédiens sont emprisonnés. Une commission militaire y siège pour condamner une insurrection royaliste en 1795.

Le 31 mai 1799, le nouveau gouvernement met à disposition la salle du théâtre de la République (salle Richelieu) où jouait Talma, pour permettre aux comédiens de reconstituer la troupe qui n'en bougera désormais plus (sauf durant les périodes de restauration de la salle).

La nouvelle installation est dotée d'un café-caveau dont les salles souterraines s'étendent sous toute la longueur de la galerie vitrée jusqu’à la maison Chevet. Et qui connaîtra une grande vogue durant le Premier Empire et les premières années de la Restauration3.

En 1812, l'empereur Napoléon Ier, en pleine campagne de Russie, décide de réorganiser la Comédie-Française en signant le 15 octobre, le décret dit « de Moscou » qui comporte 87 articles, et qui reste, à peu de choses près, le statut encore en vigueur aujourd'hui. Salle à l’italienne, théâtre parmi les plus réputés dans le monde, la Salle Richelieu est le fruit des conflits et des passions qui animent la France à la fin du siècle des lumières.Voulu par le duc de Chartres pour être un opéra, ce bâtiment est construit par l’architecte Victor Louis sans rompre l’harmonie du Palais-Royal.

Comédie Française — salle Richelieu

Au XIX ème siècle, les travaux de Prosper Chabrol (1860-64) complètent le volume originel en l’augmentant de l’escalier d’honneur et du foyer du public où actuellement se font face, saisis dans le marbre, Voltaire et Molière.

En mars 1900, un incendie ravage le théâtre. L’effondrement de la salle est évité grâce à la résistance de la structure métallique. Afin de respecter les règles de sécurité et d’augmenter le confort des spectateurs, le nombre de places, à l’origine proche des 2000, est réduit pour atteindre la jauge actuelle de 862.

En 1908 les Comédiens-Français, sous la direction artistique de Charles Le Bargy, collaborent aux premiers films des Studios des films d’art.

De 1913 à 1936 sous les administrations d’Albert Carré (ancien directeur de l’Opéra-Comique), puis de l’auteur dramatique Émile Fabre, la Comédie-Française vit une période de transition. Elle participe pendant la guerre aux représentations du Théâtre aux Armées, donne des galas à bénéfice et joue des oeuvres à caractère patriotique. Émile Fabre, malgré les crises financières et politiques de l’après-guerre, parvient à accueillir une nouvelle génération d’auteurs dramatiques (Jean-Jacques Bernard, Paul Raynal, André Obey). Il fait entrer au répertoire des auteurs étrangers (d’Annunzio et Ibsen).

En 1935 la Comédie-Française participe aux premières retransmissions radiophoniques.En 1936 l’auteur dramatique Édouard Bourdet est nommé administrateur. Il est assisté par un comité consultatif composé des metteurs en scène issus du Cartel : Jacques Copeau, Gaston Baty, Charles Dullin et Louis Jouvet. Ces metteurs en scène apportent un regard neuf sur les classiques tandis que des auteurs contemporains français et étrangers – Giraudoux, Lenormand, Mauriac, Romain Rolland, Pirandello – font leur entrée en force au répertoire.

De 1940 à 1946 pendant la guerre vont se succéder les administrateurs Jacques Copeau, Jean-Louis Vaudoyer et, à la Libération, Pierre Dux. Ils s’efforcent de préserver l’intégrité et le prestige de la Comédie-Française pendant l’occupation allemande.

En 1946 un important décret accorde à la Comédie-Française l’exploitation de l’Odéon – appelé Salle Luxembourg pour le distinguer de la Salle Richelieu – et provoque le départ d’un groupe de sociétaires.

De 1946 à 1960 Les administrateurs André Obey, Pierre-AiméTouchard, Pierre Descaves et Claude de Boisanger affrontent les différentes crises et accroissent le nombre des acteurs.

En 1959 l’Odéon est retiré à la Comédie-Française.

De 1960 à 1970 Maurice Escande ouvre le théâtre aux acteurs nouveaux et aux metteurs en scène extérieurs.

De 1970 à 1979 Pierre Dux continue cette politique avec l’exploitation de l’Odéon, revenu à la Comédie-Française en 1971.

De 1979 à 1983 Jacques Toja succède à Pierre Dux.

En 1983 L’Odéon est retiré à la Comédie-Française. Nomination de Jean-Pierre Vincent comme administrateur.

En 1986 Jean Le Poulain, sociétaire de la Comédie-Française, est nommé administrateur.Le Théâtre national de l’Odéon est rattaché à la Comédie-Française.

En 1988 le 1er mars, décès de Jean Le Poulain le 15 juin, Antoine Vitez est appelé aux fonctions d’administrateur général. L’Odéon est de nouveau retiré à la Comédie-Française.

En 1990 le 30 avril, Antoine Vitez disparaît brutalement.Le 4 juillet, Jacques Lassalle est appelé aux fonctions d’administrateur général.

En août 1993, nomination de Jean-Pierre Miquel pour un mandat de cinq ans. Ouverture du Théâtre du Vieux-Colombier (trois cents places), en qualité de deuxième salle de la Comédie-Française.

En 1994 d’importants travaux de modernisation de la cage de scène et de réfection de la Salle Richelieu sont entrepris.

En 1995 les statuts sont modifiés. Le 1er avril, la Comédie-Française devient un Établissement public à caractère industriel et commercial (ÉPIC) placé sous la tutelle du ministre de la Culture.

En 1996 une troisième salle, le Studio-Théâtre (cent trente-six places), est inaugurée à l’automne au Carrousel du Louvre.

En 2001 Marcel Bozonnet devient administrateur.

En 2006 Muriel Mayette devient administratrice.

En 2014 Éric Ruf devient administrateur.

La Salle Richelieu est le lieu où sont présentées les œuvres du répertoire, celles que le comité de lecture a sélectionnées, soit plus de 3000 textes depuis 1680. Ainsi, sans relâche de septembre à fin juillet, la Salle Richelieu présente en alternance ses spectacles, enchaînant les œuvres du passé et celles de notre temps.