Théâtre de l'Oeuvre à Paris

Le Théâtre de l’Oeuvre à Paris : de son origine à la scène d’aujourd’hui

Ignorez-vous que cette salle intimiste de la cité Monthiers a provoqué davantage de séismes artistiques que les plus grandes institutions nationales ? Cette rétrospective sur le théâtre de l’oeuvre explore sa trajectoire singulière, des scandales symbolistes orchestrés par Lugné-Poe jusqu’au renouveau moderne porté par François-Xavier Demaison. Vous découvrirez comment ce lieu a survécu aux crises pour s’imposer, contre toute attente, comme le laboratoire indétrônable de la création théâtrale libre.

 

Ce qu’il faut retenir

  • Les origines du Théâtre de l’Œuvre

Fondé en 1893 par Lugné-Poe, Le Théâtre de l’Oeuvre naît d’une rupture avec le naturalisme. Il impose le symbolisme et s’impose rapidement comme un lieu d’avant-garde, marqué par des scandales fondateurs comme Ubu roi.

  • Renaissances et continuité artistique

Après plusieurs fermetures, le théâtre renaît à différentes époques. De Claudel à l’entre-deux-guerres, puis après 1945, les directions successives assurent la survie et l’identité exigeante du lieu.

  • Le virage contemporain

À partir des années 1970, Le Théâtre de l’Oeuvre se tourne résolument vers la création contemporaine. Sous l’impulsion de Georges Wilson puis Gérard Maro, il devient un laboratoire pour les auteurs vivants.

  • La scène actuelle et la programmation

·         La saison mêle théâtre, humour et rencontres artistiques.

·         Les spectacles s’échelonnent de décembre à mai, avec une offre variée et accessible.

·         La programmation reflète l’identité du lieu : exigence artistique et ouverture au public.

  • Informations pratiques et accueil du public

·         Théâtre situé au cœur du 9ᵉ arrondissement, facilement accessible.

·         Tarifs adaptés selon les spectacles et publics, avec de nombreuses réductions.

·         Réservations de groupe, accessibilité PMR, café sur place et règles d’accueil clairement définies.

 

Les origines du Théâtre de l’Oeuvre : rupture, audace et scandale

Né d’une rupture radicale avec le naturalisme, Le Théâtre de l’Oeuvre impose dès 1893 une vision symboliste audacieuse portée par Lugné-Poe et ses compagnons. De ses premiers manifestes artistiques au scandale retentissant d’Ubu roi, la troupe s’affirme comme l’un des foyers majeurs de l’avant-garde théâtrale parisienne.

La rupture symboliste de Lugné-Poe

Le Théâtre de l’Oeuvre n’est pas né d’une pierre, mais d’une idée radicale. Fondé en 1893, ce projet surgit d’une scission nette avec le Théâtre-Libre d’André Antoine.

Trois esprits dirigent cette fronde : le comédien Lugné-Poe, le poète Camille Mauclair et le peintre nabi Édouard Vuillard. Leur but commun est d’imposer le mouvement symboliste sur les planches. Ils rejettent violemment le naturalisme dominant.

Leur ambition folle consiste à mêler littérature et peinture d’avant-garde. C’était une vision totale.

 

Lugné-Poe

Premiers pas, premiers chocs

Le coup d’envoi est un véritable manifeste artistique. La création de Pelléas et Mélisande aux Bouffes-Parisiens en 1893 marque les esprits. C’est l’acte de naissance esthétique de la troupe.

La troupe s’installe aussitôt dans la modeste salle Berlioz, située cité Monthiers. Elle se baptise fièrement « maison de l’Œuvre » dès son arrivée. Ce nom affiche clairement ses hautes ambitions.

Ils privilégient les auteurs nordiques comme Strindberg et Ibsen. Ces choix brisent les codes bourgeois.

Le scandale Ubu roi, la consécration par le chaos

Tout bascule le 10 décembre 1896 lors d’une soirée mémorable. La troupe monte Ubu roi d’Alfred Jarry au Nouveau-Théâtre, avec Firmin Gémier dans le rôle-titre. Un « Merdre » retentissant secoue alors tout Paris.

Cette pièce provoque un tumulte indescriptible dans la salle. Elle assoit définitivement la réputation sulfureuse et avant-gardiste de la troupe.

Le théâtre ferme temporairement ses portes en 1899. C’est une pause nécessaire après l’explosion.

Renaissances et passages de flambeau : un théâtre à l’épreuve du temps

Après une première vie intense mais courte, l’Œuvre n’avait pas dit son dernier mot. Loin de là. Ce lieu a su renaître de ses cendres pour traverser les soubresauts du XXe siècle.

Le retour de Lugné-Poe et la voix de Claudel

Le 22 décembre 1912 marque une résurrection inespérée. Lugné-Poe reprend les commandes, bien décidé à imposer sa vision radicale. Pour marquer le coup, il mise sur L’Annonce faite à Marie de Paul Claudel. Ce choix audacieux bouscule les habitudes du public et redéfinit l’identité du lieu. Mais l’élan se brise net en 1914 avec la guerre. Tout s’arrête de nouveau.

L’entre-deux-guerres et l’après-Lugné-Poe

La machine ne redémarre qu’en 1919, sauvée par le carnet de chèques de Marcelle Frappa. Sans l’intervention de cette comédienne passionnée, le rideau serait resté baissé. Une page majeure se tourne en 1929 lorsque Lugné-Poe raccroche les gants. La relève est assurée par Lucien Beer et Paulette Pax. Loin de baisser la garde, ils enchaînent les succès, assurant la continuité de l’esprit du lieu.

Les directions successives de l’après-guerre

La Libération apporte son lot de changements au théâtre de l’oeuvre. Dès 1944, Lucien Beer s’associe à Raymond Rouleau pour relancer la machine. La suite ressemble à une valse de directeurs, chaque changement apportant une nouvelle énergie. Voici la chronologie de cette période :

  • 1951 : Raymond Rouleau cède sa place à Robert de Biron.
  • 1960 : Le duo Georges Herbert et Pierre Franck prend les rênes.
  • 1975 : Georges Herbert reste seul aux commandes.

Le Théâtre de l’Oeuvre: une scène

contemporain pour les auteurs vivants

Les fondations historiques sont solides, certes. Mais un lieu qui n’évolue pas finit inévitablement par prendre la poussière. À partir des années 70, le théâtre de l’oeuvre a opéré un virage décisif vers la création contemporaine, refusant de devenir un simple musée du passé.

L’influence de Georges Wilson à la mise en scène

En 1975, Georges Herbert se retrouve seul maître à bord de cette institution parisienne. Mais son mandat prend une tout autre ampleur dès 1978. C’est le début d’une ère nouvelle.

L’arrivée de Georges Wilson change la donne artistique. S’il n’est pas le directeur en titre, il impose sa patte en assurant la majorité des mises en scène. C’est lui qui forge l’identité visuelle de cette période faste.

Gerard Maro : le pari des auteurs d’aujourd’hui

Un nouveau chapitre s’ouvre brutalement en 1995 lorsque Gerard Maro reprend le flambeau. La rupture est consommée.

Maro impose une ligne directrice radicale en misant tout sur les auteurs contemporains. Fini le classicisme facile, place aux textes vivants qui bousculent les spectateurs. Ce choix audacieux redéfinit totalement l’ADN de la programmation pour vingt ans.

Le théâtre devient alors un véritable laboratoire pour les écritures actuelles. C’est un pari gagnant.

Le court intermède de Frédéric Franck

En 2012, la direction change de mains avec l’arrivée de Frédéric Franck. Une figure familière revient.

Fils de Pierre Franck, ancien codirecteur des lieux, il incarne une certaine continuité familiale. Pourtant, son passage marque surtout une transition nécessaire entre deux époques. Ce pont temporel prépare le terrain pour la transformation radicale qui suivra.

Le Théâtre de l’Oeuvre aujourd’hui : entre héritage et création moderne

Depuis 2016, Le Théâtre de l’Oeuvre connaît un renouveau porté par une direction artistique moderne, soutenue par une structure solide et une volonté affirmée de faire résonner les voix d’aujourd’hui. Entre héritage symboliste, identité contemporaine et ancrage pratique au cœur du 9ᵉ arrondissement, le lieu conjugue mémoire, création et accessibilité.

 

Salle du théâtre de l'Oeuvre

Une nouvelle ère avec Lavigne, Demaison et Vivendi

Septembre 2016 marque un tournant radical pour l’institution. Un nouveau trio prend les commandes : le metteur en scène Benoit Lavigne, le comédien François-Xavier Demaison, et le groupe Vivendi Village. Ils débarquent avec l’ambition ferme de réveiller cette salle mythique.

Leur projet est clair : faire entendre la parole des artistes d’aujourd’hui. Qu’ils soient auteurs, comédiens ou musiciens, l’objectif est d’imposer une vision résolument moderne, sans s’enfermer dans le passé.

Côté structure, notez que le lieu appartient désormais au groupe CANAL+ via Vivendi. Une assise financière solide qui change la donne pour son fonctionnement actuel.

Le Théâtre de l’Oeuvre: infos pratiques

Vous comptez vous y rendre ? Voici les données brutes pour ne pas tourner en rond dans le 9e arrondissement.

Ce lieu classé conserve tout son charme d’époque tout en restant accessible. Voici ce qu’il faut savoir sur le théâtre de l’oeuvre :

  • Adresse : 55, rue de Clichy, 75009 Paris.
  • Caractéristiques : Un théâtre à l’italienne intimiste, avec une jauge d’environ 326 places.
  • Accès : Proche des stations de métro Liège (ligne 13) et Place de Clichy (lignes 2 et 13).
  • Le petit plus : La présence de l’Ubu Café, un bar-restaurant qui fait un clin d’œil direct à l’histoire du lieu.

La direction actuelle et l’identité du lieu

Aujourd’hui, la direction est assurée par Kim Poignant. Elle maintient le cap, dans la stricte continuité de l’impulsion dynamique donnée en 2016.

Ce théâtre cultive une double identité singulière. C’est un espace chargé de mémoire, mais dont la programmation refuse la nostalgie pour regarder vers l’avenir :

  • Fin XIXe : Berceau du Symbolisme (Jarry, Ibsen).
  • Début XXe : Le théâtre des grands auteurs (Claudel).
  • Fin XXe : La scène des auteurs contemporains (période Maro).
  • Aujourd’hui : Un lieu pour les artistes pluridisciplinaires de notre époque.

Plus qu’une simple salle de spectacle, Le Théâtre de l’Oeuvre incarne l’audace artistique depuis sa création. Des scandales symbolistes de Lugné-Poe à la scène contemporaine actuelle, ce lieu mythique n’a cessé de se réinventer. Il demeure aujourd’hui un espace incontournable pour la création moderne, fidèle à son esprit rebelle originel.

 

Que propose la scène d’aujourd’hui au Théâtre de l’Oeuvre?

La programmation au théâtre de l’oeuvre mêle théâtre, humour et rencontres artistiques, en donnant la parole à des créations contemporaines et à des figures emblématiques de la scène française. De janvier à mai, le public est invité à découvrir des spectacles variés, alternant émotions, réflexion et divertissement, au fil d’une saison riche et accessible à tous.

Retrouver toute la programmation sur https://www.theatredeloeuvre.com/a-laffiche/

 

Spectacle Genre Dates
Le Dernier Cèdre du Liban Théâtre À partir du 8 janvier 2026
En attendant Bojangles Théâtre Du 8 janvier au 7 mars 2026
Victor Hugoat Humour Du 20 janvier au 31 mars 2026
Y’a de la joie ! Humour Du 20 janvier au 31 mars 2026
Un enfant du rock raconte Entretien spectacle Lundi 8 décembre 2025 à 20h
Du 21 janvier au 4 mars 2026
Histoires filantes Théâtre Lundi 2 février 2026 à 20h
Champagne Cabaret Club Théâtre Lundi 16 février 2026 à 20h30
Au plus près de Pierre Arditi Entretien spectacle Lundi 23 février 2026 à 20h
Coupures Théâtre Du 12 mars au 25 avril 2026
Parce que c’est toi Théâtre Du 28 avril au 20 mai 2026
Tristan Lopin Humour Du mercredi 23 septembre au samedi 10 octobre 2026

 

Tarifs des spectacles au Théâtre de l’Oeuvre à Paris

Les tarifs des spectacles duThéâtre de l’Oeuvre varient selon la catégorie de placement et le type de représentation. Des prix réduits sont proposés pour certains publics (jeunes, étudiants, demandeurs d’emploi, etc.), ainsi que des offres accessibles pour permettre à tous de profiter d’une programmation exigeante et contemporaine.

 

Spectacle Dates Catégories & tarifs
Parce que c’est toi 28 avril → 20 mai 2026 Cat. 1 : 33 € • Cat. 2 : 25 € • Cat. 3 : 19 €
Tarif réduit : Cat. 1 : 25,50 € • Cat. 2 : 20,50 €
En attendant Bojangles 8 janv. → 7 mars 2026 1ʳᵉ cat. : 34 € • 2ᵉ cat. : 27 € • 3ᵉ cat. : 19 € (visibilité réduite)
-26 ans : 10 € (au guichet, selon places restantes)
Le Dernier Cèdre du Liban 11 sept. 2025 → 3 avril 2026 Carré Or orchestre : 42 €
1ʳᵉ cat. orchestre/balcon : 36 €
2ᵉ cat. : 28 €
3ᵉ cat. : 19 € (visibilité réduite)
Coupures 12 mars → 25 avril 2026 Tarif unique : 34 €
Tarif réduit : 22 € (-30 ans, étudiants, demandeurs d’emploi, RSA, intermittents, retraités)
Histoires filantes 2 février 2026 Cat. 1 : 25 € • Cat. 2 : 20 € • Cat. 3 : 15 € (visibilité réduite)
Tarif réduit : Cat. 1 : 20 € • Cat. 2 : 15 €
-26 ans : 10 €
Au plus près de Pierre Arditi 23 février 2026 Carré Or : 48 €
1ʳᵉ cat. : 40 €
2ᵉ cat. : 32 €
3ᵉ cat. : 19 € (visibilité réduite)
Champagne Cabaret Club 16 février 2026 Carré Or : 47 €
1ʳᵉ cat. : 37 €
2ᵉ cat. : 27 €
3ᵉ cat. : 17 € (visibilité réduite)
Philippe Manoeuvre – Un enfant du rock 1 déc. 2025 → 4 mars 2026 Carré Or : 42 €
Cat. 1 : 37 €
Cat. 2 : 28 €
Cat. 3 : 19 €

Les avis des visiteurs du théâtre de l’oeuvre

  • On passe un bon moment dans ce Théâtre dans lequel se produisent souvent des amateurs. Les pièces durent entre 1h et 1h30. C est petit mais intimiste. Souvent complet . Je recommande.
  • Très sympa pour voir un spectacle de stand up, même au places les moins cher ce fut très agréable.
  • Tout petit théâtre rempli de charme, ce qui nous permet un moment comme intimiste avec les comédiens.
  • Nous sommes venus voir la pièce Zourou Au delà des mots. Superbe pièce dans ce magnifique petit théâtre très intimiste. L’ accueil était super, les sièges confortables et bonne vue de la scène.
  • Ce théâtre est un petit bijou.
    Très belle programmation, personnel adorable, des planches de charcuteries et/ou de fromages savoureuses et de très bons vins à l’UBU café.
    N’hésitez pas à vous y rendre, vous passerez une agréable soirée.
    Noëlle

FAQ

Comment venir au théâtre ?

Le Théâtre de l’Oeuvre se trouve dans une impasse du 9ème arrondissement de Paris, entre la place de la Trinité et la place de Clichy, à quelques minutes à pied de la gare Saint-Lazare.

Adresse :
Le Théâtre de l’Oeuvre
55 rue de Clichy
75009 Paris

Transports :
Métro : Place de Clichy (Ligne 2)
Liège (Ligne 13)
Bus : 30, 68, 74, 81, 95
Parking : 11 rue Forest (sous Castorama)
Velib : 1 rue de Parme

 

Puis-je changer ou me faire rembourser mon billet ?

Une fois achetés, les billets ne sont ni échangeables, ni remboursables, ni valables pour une autre date.
Conformément à la législation en vigueur (article L121-20-4 du Code de la consommation), les billets de spectacle et produits associés sont exclus du droit de rétractation.

Comment effectuer une réservation de groupe ?

Vous représentez un groupe d’amis, une structure, un comité d’entreprise ou une association et souhaitez assister à une représentation au Théâtre de l’Oeuvre ? Anticipez votre venue en prenant contact avec notre responsable commerciale.

Émilie Priou
📞 01 44 53 88 82
✉️ e.priou@theatredeloeuvre.fr

Les réservations de groupe peuvent être ajustées sans frais jusqu’à un mois avant la date du spectacle. Vous bénéficiez également d’un placement optimal en salle.

Le théâtre est-il accessible aux personnes en situation de handicap?

Le Théâtre de l’Œuvre propose un accès PMR en nombre restreint. Pour préparer au mieux votre accueil, nous vous invitons à contacter la billetterie en amont.

📞 01 44 53 88 88
✉️ billetterie@theatredeloeuvre.fr

Selon vos besoins, un emplacement adapté pourra vous être réservé afin de garantir votre confort.

Les enfants sont-ils autorisés à venir aux spectacles?

Afin de garantir le confort du public et des artistes, l’accès à la salle n’est pas autorisé aux enfants de moins de 3 ans, sauf pour les spectacles spécifiquement dédiés au jeune public.
En cas d’hésitation, l’équipe de la billetterie se tient à votre disposition pour vous orienter et vous conseiller.

Y a t-il un café ouvert au public ?

Oui. Situé au sous-sol du théâtre, l’Ubu Café vous accueille avant et après chaque représentation pour partager un moment convivial où se rencontrent culture et gourmandise.

Quels sont les objets interdits en salle?

Pour des raisons de sécurité et de confort, certains objets ne peuvent pas être introduits en salle. Sont notamment interdits : les sacs ou bagages encombrants, vélos, trottinettes et équipements assimilés (y compris les batteries), casques, armes et munitions, bombes lacrymogènes, couteaux et objets coupants, ainsi que toute boisson, nourriture ou substance explosive, inflammable ou volatile.